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A l’âge de 22 ans j’ai été victime d’un accident de la route par un chauffard venant du marché des mines de Nantes roulait à 100 km/h en agglomération par temps de brouillard et verglas et n’a pas pu ralentir quand il m’a vu.


Avant que je tombe dans le coma, il s’est approché de mon véhicule et je l’ai entendu dire : « Si elle n’était pas morte, je lui foutrais mon poing dans la gueule » Or il était entièrement responsable.
Ensuite je fus désincarcérée et transportée au CHU dans un état grave.

Quand je suis revenue à moi, je me suis mise à pleurer et là entourée de médecins j’ai compris que ma vie ne serait plus jamais la même.

Après 20 interventions chirurgicales, je souffre de jour comme de nuit. Aujourd’hui je n’ai plus l’apparence physique d’une femme de mon âge, seule la beauté intérieure est la plus belle.

En réalité cacher ma souffrance c’est rejeter la compassion de mon entourage, c’est refuser l’amour de ceux qui me soulagent et c’est leur interdire de pleurer en ma présence, donc guérir dans leur cœur.

Il me détruit entièrement chaque jour un peu plus, il me faut fournir toujours plus d’efforts avec un sentiment d’inutilité. Ma vie sociale est au ralenti, pas de travail et plus jamais d’enfant. Le fauteuil remplace mes jambes, des soins en continue car je suis en hospitalisation à domicile (perfusions, morphine, cortisone etc. surveillance de nuit comme de jour). Je vais du lit au fauteuil.

Ma deuxième maison c’est l’hôpital, tout type de traitement pour la douleur a été essayé : PCA (pompe médicamenteuse), injections morphiniques, massage, cure thermale, hypnose, acuponcture, mésothérapie etc. et jusqu’en 2005 ou j’ai eu une implantation de neurostimulation médullaire. Au départ, 70% de soulagement mais celle-ci devient vite incompatible avec l’amplification de mes indications thérapeutiques. La souffrance est totalement revenue, aujourd’hui on parle de poser une sonde intrathécale pour essayer de soulager, si celle-ci ne peut pas être possible du fait de mon handicap, je continuerai mon combat en m’injectant de la morphine, des surdoses de Biprofenid et autres anti-inflammatoires.

Ce «criminel » de la route qui conduit toujours, n’a toujours pas eu de jugement ! Il m’a offert un filet d’oranges lors du constat ! Le jugement des tribunaux devrait être dur envers ces chauffards.

Que signifie une vie pour eux ? Je pense à tous les morts chaque jour sur les routes et les blessés qui se retrouvent avec des séquelles pour toute leur vie.

Puissent-ils un jour prendre conscience des vies qu’ils détruisent.

Sylvie 38 ans.

L'AVFD tient à informer ses visiteurs, tous les patients atteints de douleurs chroniques et leurs proches, que l'information diffusée sur ce site vise à soutenir et non à remplacer la relation entre patients et médecins.