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« Je côtoie Martine depuis 30 années, donc j'ai connu tout son parcours. Je l'ai accompagnée le 2 décembre 2006 à Paris où nous avons fait la réunion du Conseil d'Administration de l'AFVD.

 

Nous sommes arrivées à la gare de Poitiers vingt minutes avant le départ du train, mais il fallait prévoir 30 minutes, donc nous avons du changer notre billet pour le départ suivant et attendre dans une petite salle, avec d'autre personnes handicapées, un aveugle, un paralysé, pendant une demie heure.

Ensuite un agent de la SNCF nous a pris en charge pour rejoindre le quai d'embarquement. Pour cela il nous a fallu ressortir de la gare, prendre l'ascenseur qui rejoint une passerelle qui traverse les voies et descendre avec un autre ascenseur sur le quai désigné.

Pour moi le plus impressionnant a été de voir arriver un monte charge manuel sur lequel l'employé de la SNCF a installé le fauteuil roulant où était placée Martine, tourner une manivelle pour faire monter le chariot élévateur jusqu'au niveau du bord du wagon. Ensuite, Martine a fait rouler son fauteuil jusqu'à la place qui lui était attribuée.

Le temps que l'employé manœuvre et effectue cette manipulation, l'accès du wagon a été bloqué aux voyageurs qui ne se sont pas gênés pour faire des réflexions désobligeantes. On dérange les valides quand on est handicapé, on se sent de trop.

Arrivée dans le train, j'ai vu Martine installée dans son fauteuil roulant derrière mon siège, ce n'est pas facile en tant qu'accompagnateur de discuter et surveiller le handicapé en cas de malaises. A la descente du train, il a fallu refaire les mêmes manipulations qu'au départ : le voyage ne passe pas inaperçu !

Lorsque l'on est valide, on ne se rend pas compte que pour les gens différents, c'est toujours plus compliqué.

Les fauteuils ne peuvent pas accéder aux magasins sans pont pour entrer ; à l'intérieur les allées ne sont pas assez larges pour manœuvrer, sans accompagnateur le shopping est impossible.

Dans les restaurants, il faut faire déplacer toutes les personnes sur le passage afin d'accéder à une table et quand tout le monde est installé, pas question de retourner aux toilettes sans s'exposer à des soupires de mécontentement. Une fois de plus la présence de l'handicapé est indésirable.

Martine me dit de temps en temps : je préfère rester chez moi que d'affronter tous ces obstacles, juste pour un café. Il existe encore trop d'endroits inaccessibles aux fauteuils : les marches, les seuils, les portes trop étroites, etc.... »

Nous entendons dire que beaucoup de choses sont faites pour les personnes à mobilité réduite, mais cela reste rudimentaire, avec des accès mal indiqués, souvent réalisés avec des moyens de fortune ; par exemple :
des trottoirs modifiés mais dont la pente est mal adaptée et l'emplacement éloigné du point stratégique. Les handicapés sont tolérés mais non intégrés dans le mode de vie actuel, les sorties restent un parcours du combattant semé d'embûches ».

L'AVFD tient à informer ses visiteurs, tous les patients atteints de douleurs chroniques et leurs proches, que l'information diffusée sur ce site vise à soutenir et non à remplacer la relation entre patients et médecins.